Dernier train pour Londres · Meg Waite Clayton

Dès la première phrase de présentation en quatrième de couverture, j’ai senti que ce roman inspiré de faits historiques réels était fait pour moi. Et je ne me suis pas trompée. Quel roman poignant!

L’avocate et romancière américaine Meg Waite Clayton (1959) est l’autrice de huit romans dont le dernier, The Postmistress of Paris, est paru en novembre 2021. Dernier train pour Londres (2022) est son septième roman et le premier traduit en français.

Inspiré de faits historiques réels, Dernier train pour Londres rend un bel hommage à la résistante néerlandaise Geertruida Wijsmuller (1896-1978), plus connue sous le nom de Truus Wijsmuller ou encore « Tante Truus », qui a au péril de sa vie sauvé des milliers d’enfants juifs avant et pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Le Kindertransport (littéralement « le transport des enfants ») fut le nom donné à une opération de grande envergure organisée par la Grande-Bretagne entre 1938 et 1940 consistant à transférer depuis l’Allemagne, l’Autriche et la région des Sudètes, des milliers d’enfants juifs vers la Grande-Bretagne. Truus et son mari Joop Wijsmuller, les Anglais Norman et Helen Bentwich ainsi que l’Autrichien Desider Friedmann notamment ont contribué à sauver des nazis quelques dix mille enfants, dont trois quart furent juifs. Le premier convoi avec à son bord environ deux cents enfants quitta Berlin trois semaines après la Nuit de Cristal. Les derniers enfants en provenance du Reich furent évacués le 1 septembre 1939, l’invasion de la Pologne mettant fin aux Kindertransport. Si les convois en partance des Pays-Bas continuèrent encore quelques mois, ils s’arrêtèrent définitivement le 14 mai 1940 avec la capitulation néerlandaise.

En alternant les chapitres consacrés à Truus et ceux dans lesquels elle nous emmène sur les traces d’un trio d’enfants viennois très attachants, Meg Waite Clayton revient d’une part sur les diverses opérations de sauvetage auxquelles a participé Truus entre décembre 1936 et mai 1940 et d’autre part sur les conditions de vie de plus en plus difficiles auxquelles étaient confrontés les juifs autrichiens depuis la prise de pouvoir des nazis en Allemagne.

Au rythme des grands événements ayant marqué l’histoire autrichienne (mais pas uniquement) -Anschluss, Conférence d’Evian, Nuit de Cristal, invasion de la Pologne et capitulation des Pays-Bas-, elle nous plonge dans le quotidien difficile de Zofie-Helene Perger, une jeune génie des mathématiques et la fille d’une journaliste à « L’Indépendant viennois » dont certaines chroniques dénonçant les actions des nazis agrémentent le roman, Stephan Neumann, un dramaturge en herbe et un passionné de Stefan Zweig, et son petit frère Walter (sans oublier Pierre lapin), les fils d’un richissime chocolatier juif.

Dernier train pour Londres est un roman historique captivant, profondément humain, un roman lumineux malgré toutes les abominations dont il est question.

Un très bel hommage à une femme d’exception et à toutes celles et ceux qui ont résisté à l’ignominie nazie.

Note : 4 sur 5.
Les Escales, octobre 2022, 456 pages.

The Last Train to London (2019)
Trad. Oscar Perrin

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