Une ascension · Pauline Desnuelles

Après Alpinistes de Mao et Dette d’oxygène, je me réjouissais de repartir à l’assaut des cimes avec Je lis, je blogue, ma partenaire de lectures montagnardes. Ce très court roman se distingue nettement de nos deux précédentes lectures dans la mesure où il ne s’agit absolument pas d’un récit d’alpinisme.

Troisième roman de la traductrice et romancière franco-suisse Pauline Desnuelles (1977), Une ascension (2023) est un roman polyphonique construit autour de quatre femmes ayant un lien plus ou moins fort avec la montagne.

Aurore est une ancienne reporter et journaliste d’investigation ayant renoncé à sa carrière pour se consacrer à son mari et sa fille. Après la tragique disparition de ce dernier dans une avalanche, elle s’effondre. Terrassée par une douleur abyssale mais aussi par une profonde colère envers celui qui délaissait de plus en plus souvent et de plus en plus longtemps femme et fille pour satisfaire sa passion dévorante pour la haute montagne, elle ouvre progressivement les yeux sur son mariage bancal et l’homme qu’elle avait toujours idéalisé. Pour l’aider à remonter la pente, elle décide de se consacrer à l’écriture de la biographie de Marguette Bouvier (1908-2008), une journaliste, aviatrice et skieuse française hors pair ayant notamment réalisé, en 1929, la première descente du Mont-Blanc à ski.

Une ascension se construit sur une alternance de voix, celles d’Aurore et du fantôme de Marguette auxquelles s’ajoutent bientôt celle de Laure, la fille adolescente d’Aurore, et celle d’Eva, une bibliothécaire genevoise qui, à travers les nombreux emprunts d’Aurore, devient un témoin indirect de ses états d’âme.

Bien qu’agréable à lire, Une ascension m’a laissée sur ma faim, notamment parce que je ne m’attendais pas à un roman polyphonique mais à une biographie romancée de Marguette Bouvier. Malheureusement, la vie de cette pionnière et aventurière hors du commun n’est abordée que de façon très superficielle. Quant aux thèmes évoqués par l’autrice, ils sont (trop?) nombreux et s’ils sont loin d’être inintéressants, ils sont très insuffisamment exploités. Les parties consacrées à Aurore et surtout à Marguette auraient ainsi largement mérité d’être davantage approfondies. Quant à celles dédiées à Laure et Eva, elles m’ont semblé trop lisses et au final superflues.

Une lecture loin d’être désagréable mais malheureusement un peu inégale et bien trop légère au regard du potentiel des thèmes évoqués et des personnages présentés. Dommage.

Note : 2.5 sur 5.
Slatkine, août 2023, 185 pages.



© André SAAD / Pixabay


Lecture commune avec Je lis, je blogue.

6 commentaires sur “Une ascension · Pauline Desnuelles”

  1. Nous sommes encore d’accord sur l’essentiel ! Je pense effectivement que nous pouvons poursuivre notre plaisante petite association de lecture. La prochaine devrait nous conduire à « bon port » ou plutôt au sommet !

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  2. Ah mince, flop chez toi aussi. Bon, au moins vous êtes raccord avec Je lis, je blogue. Rien de pire (en lecture, s’entend^^) que de s’attendre à un certain type d’histoire et d’être embarqué dans presque totalement autre chose, sans rien qui compenserait l’attente…

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