Moins 18° · Stefan Ahnhem

Rien de mieux qu’un polar nordique -ici suédois- pour me sortir d’une petite panne de lecture et de rédaction!

Moins 18° (2020) est le troisième roman de l’auteur et scénariste suédois Stefan Ahnhem après Hors cadre (2016) et Comme une tombe (2019). Si j’avais déjà repéré l’auteur l’année dernière, je ne l’avais pas encore lu et ignorais donc que Moins 18° est en réalité le troisième volet d’une série policière consacrée à l’inspecteur Fabian Risk. Les quelques allusions à des événements antérieurs ne sont toutefois pas gênantes et ne m’ont pas empêchée d’apprécier ce tome qui peut sans problème se lire de façon indépendante. La preuve en est qu’il a réussi à me sortir de ma panne de lecture et n’a pas fait long feu: 570 pages lues en moins de trois jours!

Moins 18° se déroule à la frontière entre la Suède et le Danemark, plus précisément des deux côtés du détroit d’Øresund, à Helsingborg du côté suédois et à Helsingør du côté danois. En Suède, une BMW avec à son bord la star nationale des technologies de l’information finit sa course infernale dans les eaux de Helsingborg. L’autopsie révèlera que la victime était non seulement déjà morte lors de l’accident mais qu’elle était congelée à -18° depuis deux mois! Au Danemark, une femme a été le témoin de l’agression abominable d’un sans-abri par un groupe d’individus « jaunes et joyeux » dont les méfaits rappellent dangereusement le « happy slapping » ou vidéolynchage qui a vu le jour en Grande-Bretagne.

L’inspecteur suédois Fabian Risk, mari et père de deux ados, traverse une période compliquée entre sa femme qui s’éloigne de jour en jour toute occupée qu’elle est à percer enfin dans le difficile monde de l’art et son fils Theodor qui broie du noir et se retrouve malgré lui embrigadé dans une sombre histoire. De l’autre côté du détroit, l’ex-inspectrice danoise et désormais juge de paix Dunja Hougaard, grillée dans tout Copenhague suite à une grosse bourde commise deux ans plus tôt, ronge son frein en attendant de pouvoir s’emparer d’une affaire qui lui permettrait de récupérer enfin sa place au sein de la police danoise. Mais certains ont la dent dure et le bras long…

Alterner deux pays, deux flics (ou ce qu’il en reste) et deux enquêtes est toujours un pari risqué et ce d’autant plus lorsque, comme ici, l’auteur décide de ne pas s’en tenir uniquement aux enquêtes criminelles mais de s’intéresser également de près à la vie privée et familiale plutôt mouvementée de ses inspecteurs. Bien que les personnages soient nombreux et l’alternance entre les événement suédois et danois parfois très rapide, l’ensemble est maîtrisé et fonctionne parfaitement! Les rebondissements sont nombreux (quelle fin!), les personnages bien travaillés et les thèmes abordés intéressants. J’en redemande!

Albin Michel, 576 pages, août 2020.

Arton Grader Minus (2016)
Trad. Marina Heide


© Regina Schütt / Pixabay

Note : 4 sur 5.

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