Le coeur de l’hiver · Dominic Cooper

Il y a quelques années grâce à la très belle Trilogie écossaise de Peter May, je découvrais, fascinée, les Hébrides extérieures. Lorsqu’il y a quelques semaines mes yeux se sont arrêtés sur Le coeur de l’hiver, un roman se déroulant sur une petite île de la côte ouest de l’Ecosse, je n’ai pas hésité une seconde.

Premier roman de l’auteur écossais Dominic Cooper (1944), Le coeur de l’hiver (2006) est paru en 1975. Il aura fallu attendre trente ans pour que ce magnifique roman -une ode sublime à la nature sauvage- soit enfin traduit et publié en français.

Chez les Mór, on est pêcheurs de homards de père en fils. Suite à un grave accident ayant rendu son père invalide, Alasdair Mór s’est vu contraint d’arrêter l’école à treize ans pour s’occuper de son père et de son jeune frère. Après la mort de son père et la fuite de son frère au Canada, Alasdair reprend, seul, l’exploitation de la petite ferme familiale où il mène depuis trois décennies une vie solitaire, la petite île de Cracaig s’étant au fil des ans presque entièrement dépeuplée.

Malgré sa solitude et la rudesse du climat, Alasdair n’a jamais ressenti le besoin de quitter l’île et de partir à la recherche d’une vie plus facile. Dans sa petite ferme isolée au coeur d’une nature sauvage qu’il aime profondément, entouré de ses animaux, il mène une vie austère mais paisible qui lui convient parfaitement.

« Quant à Alasdair, la vue du soleil mourant éclaboussant le monde de son jaillissement liquide l’emplissait de chaleur et de promesse. Cela signifiait que la journée était achevée, qu’elle ne lui avait réservée que du bonheur parce qu’il avait terminé ce qu’il avait décidé de faire, qu’il pouvait à présent retrouver sa ferme et ses animaux, passer les heures de la soirée à de petites tâches, observer la vie d’un maigre feu en sachant que les étoiles et la lune se levaient sur une mer étale. »

Mais un jour arrive du continent un couple d’étrangers qui décide de s’installer dans les environs. Pour des raisons inexpliquées, le nouveau voisin voue une haine farouche à Alasdair qui assiste, d’abord abasourdi et impuissant, à un véritable déferlement d’actes malfaisants. Son équilibre étant gravement menacé, il décide de riposter. Et c’est le début de la descente aux enfers.

Dominic Cooper excelle véritablement à nous immerger dans des contrées désolées où la nature règne en maître absolu, à décrire de façon très précise et visuelle la beauté majestueuse d’une petite île fouettée par les vents, la puissance et l’hostilité de l’océan, l’incroyable rudesse du climat. Malgré la grande noirceur qui se dégage parfois du roman, le lyrisme et la puissance évocatrice de la plume de Dominic Cooper font de Le coeur de l’hiver une lecture marquante et inoubliable.

Note : 4.5 sur 5.
Métailié, mai 2022, 190 pages.

The Dead of Winter (1975)
Trad. Bernard Hoepffner

2 réflexions au sujet de “Le coeur de l’hiver · Dominic Cooper”

  1. Je viens de le commencer. J’adore quand la nature sauvage est le presonnage principal, et encore plus quand c’est la mer… il devrait me plaire 😊 . Pour l’instant il me fait penser à Le peuple de la mer de Marc Elder.

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