M’étant régalée avec Le festin (2022) l’année dernière, j’attendais de pied ferme Divorce à l’anglaise.
Paru pour la première fois en français en 1939, Divorce à l’anglaise (2023) est le deuxième titre de la romancière, dramaturge et scénariste anglaise Margaret Kennedy (1896-1967) à avoir bénéficié d’une nouvelle traduction entièrement révisée. Une initiative bienvenue qui permet de (re)découvrir une autrice oubliée et de replonger dans la société anglaise de la première moitié du XXème siècle.
Betsy Canning a trente-sept ans lorsqu’elle réalise avec amertume qu’elle n’est pas heureuse avec son mari. Trois beaux enfants, une maison à Londres et une résidence secondaire dans le pays de Galles, des moyens financiers non négligeables… rien n’y fait. Betsy ne veut et ne peut plus envisager sa vie autrement qu’en étant séparée d’Alec, ce mari volage et peu engagé incapable de la satisfaire.
En quatre parties alternant les points de vue, Margaret Kennedy raconte la fin d’un mariage tout en s’intéressant de très près aux diverses réactions non seulement des trois enfants mais également de l’entourage du couple Canning. En 1936, la dissolution des liens sacrés du mariage est en effet encore perçue d’un très mauvais oeil, provoquant presque naturellement l’ingérence de certains proches prêts à tout pour sauvegarder les apparences et empêcher les malheureux de commettre l’irréparable. Ce qui ne devait pas être ébruité se transforme dès lors en véritable séisme familial.
A travers la désintégration d’un couple et plus largement d’une famille et en recourant une nouvelle fois à une importante galerie de personnages variés et bien dépeints, Margaret Kennedy analyse avec finesse et parfois un brin de moquerie les sentiments et les comportements des uns et des autres tout en évoquant en toile de fond le contexte politique européen marqué par la montée de l’antisémitisme.
Certes plus grave et sombre que Le festin, Divorce à l’anglaise n’en reste pas moins agréable à lire. J’attends maintenant Les oracles (1959) dont la nouvelle traduction est d’ores et déjà annoncée pour 2024.

Together and Apart (1936)
Traduction entièrement révisée
par Anne-Sylvie Homassel
Je ne savais pas qu’une parution nous guettait en 2024 ! Chouette nouvelle 🙂
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