Parce que les fleurs sont blanches · Gerbrand Bakker

N’ayant encore jamais lu de littérature néerlandaise, je me suis laissée tenter par une proposition de lecture commune. Quel magnifique roman!

Parce que les fleurs sont blanches (2020), le premier roman de l’auteur et jardinier néerlandais Gerbrand Bakker (1962), a rencontré un grand succès littéraire lors de sa réédition aux Pays-Bas en 2007 ainsi qu’à l’étranger deux ans plus tard. Trois autres romans, que je projette et me réjouis de lire, ont été traduits en français depuis : Là-haut, tout est calme (2009), Juin (2016) et Le détour (2013).

Parce que les fleurs sont blanches est l’histoire de « quatre hommes dans leur vieille guimbarde » dont la vie prend, par une belle et chaude journée de juin, une tournure tragique à la suite d’une priorité de droite non respectée.

Depuis que sa femme est partie sans laisser d’adresse, Gerard vit seul avec ses trois fils, les jumeaux Klaas et Kees et le cadet Gerson, ainsi que Daan leur Jack Russel. Bien que profondément marqués par l’abandon et l’absence de leur mère qui ne se manifeste que cinq fois par an à travers quelques mots banals jetés sur une vulgaire carte postale dont le tampon est illisible, le père et les trois adolescents de seize et treize ans vivent une vie relativement normale dans la campagne néerlandaise. Jusqu’au jour où un terrible accident de voiture laisse l’un d’entre eux aveugle.

Ecrit à hauteur d’adolescents, ce roman court écrit simplement témoigne pourtant d’une grande délicatesse et justesse psychologique. Gerbrand Bakker fait preuve d’une profonde humanité pour raconter de façon lucide, à la fois humoristique et émouvante, la difficile reconstruction après un traumatisme.

Une lecture poignante et une très belle découverte.

Note : 4.5 sur 5.

Lecture commune avec Sacha, Eva et Keisha.

Grasset, janvier 2020, 212 pages

Perenbomen bloeien wit (1999)
Traduit du néerlandais
par Françoise Antoine


© Ralph / Pixabay

19 commentaires sur “Parce que les fleurs sont blanches · Gerbrand Bakker”

  1. Je vois que l’image des « quatre hommes dans leur vieille guimbarde » nous a marquée toutes les deux! Elle illustre très bien les liens si beaux entre ces 3 garçons et leur père. Il ne manque que Daan dans ce portrait… Je suis ravie que le roman t’ait plu autant qu’à moi !

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    1. Cet auteur et son univers sont une merveilleuse découverte et je me réjouis déjà de le relire. Le père a un côté parfois très froid mais j’ai aimé la façon dont Bakker l’a présenté car il n’a rien enjolivé et est resté très lucide. Aucune once de pathos dans ce roman pourtant tragique. Quant à Daan, il est tout simplement irrésistible. J’aurais presque envie d’adopter un chien!

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      1. C’est vrai que l’auteur ne cache pas les « défauts » du père, qui ont pu expliquer le départ de la mère aussi, mais il reste attachant. Ses différentes facette rendent le roman d’autant plus vrai.

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  2. J’ai beaucoup aimé ce roman… en fait, tous les romans de l’auteur (je les ai tous lus) que j’ai découvert avec « Là-haut tout est calme ». Ses histoires sont toujours tout en sensibilité et en subtilité.
    Réjouis-toi, son dernier roman « Le fils du coiffeur » vient tout juste de paraître chez nous.

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      1. je l’attends, l’auteur a publié d’autres livres traduits aussi en anglais, mais celui-ci est uniquement traduit en français (et la version Poche est superbe)

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  3. Ça me fait vraiment très plaisir de lire les avis positifs de toutes celles qui ont participé à notre lecture commune ! Tout était dit et on est bien d’accord sur l’écriture de Gerbrand Bakker et sur le côté attachant de cette famille 😉 Il faut juste que je prenne la défense de Gerard – je ne l’ai pas trouvé froid mais plutôt maladroit et désemparé face à certaines situations. Probablement pas un as de la communication 😉
    Je vais poursuivre ma découverte de l’auteur avec Le détour.

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