L’Asie est un continent que je n’explore que rarement en littérature, mes préférences allant généralement à la littérature européenne, nord-américaine et, dans une moindre mesure, africaine. Sans l’avis de Kathel, je ne me serais donc probablement pas aventurée en Corée du Sud.
En guise d’introduction à Intraitable (2019), l’auteur sud-coréen Choi Kyu-sok (1977) explique avoir toujours rêvé d’écrire une bande dessinée sur le monde complexe du travail et l’extraordinaire lutte des travailleurs. Après plusieurs années d’intenses recherches sur le sujet est finalement née Intraitable, une série de six romans graphiques consacrée à l’histoire de l’implantation en Corée du Sud d’une multinationale de la grande distribution française.
L’intrigue se déroule au début des années 2000 et s’inscrit dans un contexte social et économique difficile, la société coréenne étant encore marquée par la crise financière asiatique de 1997. Dans ce premier volet, nous faisons successivement la connaissance de Gu Go-shin, un militant syndical aussi infatigable qu’intraitable à la tête d’une petite agence-conseil de défense des travailleurs, et Lee Soo-in, un ancien militaire idéaliste reconverti en chef de service dans un hypermarché français.
Si le premier a un caractère bien trempé, est de tous les combats sociaux et ne recule devant rien, le second est bien plus discret, voire un brin renfermé, mais n’en est pas moins doté d’une très grande rectitude morale. Ainsi, après dix ans passés au sein de l’armée où il s’est notamment attiré les foudres de la hiérarchie pour avoir oser pointer du doigt certains dysfonctionnements, Soo-in a fini par démissionner et se reconvertir dans la grande distribution.
Conscient depuis son enfance de se démarquer des autres et désespérant de trouver un jour sa place au sein de la société, il espère vivement pouvoir enfin réduire le fossé qui le sépare des autres en travaillant comme chef de service du rayon fruits et légumes à Les fourmis (qui n’est autre que Carrefour). Malheureusement, lorsque le big boss français décide qu’il faut « dégraisser le personnel de vente. Par n’importe quel prix« , son rêve d’intégration s’effondre. Mais qu’à cela ne tienne, il ne se laissera pas faire!
« La réduction du personnel n’est pas le problème. Ils nous demandent de pratiquer le harcèlement! C’est plus rapide et moins cher qu’un licenciement classique… »
Dans ce premier volet, l’auteur met l’accent sur la présentation des deux personnages principaux tout en dénonçant la malhonnêteté de certains employeurs, l’exploitation et la vulnérabilité des travailleurs et enfin les pratiques révoltantes mises en oeuvre par Carrefour en Corée du Sud, pratiques d’autant plus détestables qu’elles ne pourraient jamais être mises en oeuvre telles quelles en France.
Un premier volet prometteur au graphisme agréable (pour visualiser quelques planches : Rue de l’Echiquier). J’ai déjà emprunté le deuxième tome et je ne tarderai donc pas trop à venir vous donner des nouvelles de Gu et Lee.

Traduit du coréen
par Kette Amoruso

Héhé, tu n’as pas tardé à le trouver ! Tu nous donneras ds nouvelles de la suite, chouette !
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Avec plaisir. Les six tomes sont disponibles dans ma BM mais je n’ai pour l’instant emprunté que les deux premiers.
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Les quelques titres sud-coréens que je l’ai lus ne me donnent pas très envie de découvrir ce pays, où les injustices semblent nombreuses (même si je suis bien consciente de ne pas vivre non plus au paradis de l’équité…).
Merci pour cette nouvelle participation.
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Pour être honnête, je ne me suis pour l’instant guère intéressée à la Corée du Sud et ce n’est pas faute de voir certaines blogueuses présenter régulièrement des romans coréens. J’ai emprunté le deuxième tome et les quatre autres sont disponibles à la BM, je pense continuer avec cette série. Effectivement, les injustices sociales sont présentes, à des degrés plus ou moins importants, dans tous les pays malheureusement.
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je ne lirai sans doute pas ce roman graphique mais pourtant le sujet est intéressant , c’est vrai que la Corée du Sud connaît un régime capitaliste très rude mais ce n’est rien à côté du régime de la Corée du Sud !
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Je ne m’étais jusqu’à présent pas vraiment intéressée à la Corée (ni du Sud ni du Nord) mais j’ai trouvé récemment en occasion deux romans sud-coréens qui me semblent intéressants. Affaire à suivre.
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je l’avais aussi déjà croisé, pour bien connaître ce pays, m’y intéressant et apprenant la langue, je confirme que le monde du travail est très compliqué – les 40h sont un rêve
Il y a deux ou trois semaines, une petite révolution: les employés d’un des plus gros employeurs du pays, Samsung, se sont mis en grève …
Le gouvernement avait tenté l’an dernier de passer le temps de travail hebdomadaire à 65h mais les Coréens s’étaient soulevés contre ce projet de loi.
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65h! J’ai vu en effet qu’il s’agissait d’une grève historique, le premier mouvement social de l’histoire de Samsung. J’imagine le courage qu’il leur a fallu pour dépasser la peur des représailles.
Je sais que tu suis des cours de coréen depuis un moment et je suis admirative. Est-ce que tu penses pouvoir, dans quelques temps, lire des livres en VO ?
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ça serait mon rêve de pouvoir lire les romans de HAN Kang en Coréen, mais bon pas encore même si je peux lire et comprendre pas mal de choses. Je pense encore deux ans mais les livres pour enfants, oui !
La série Misaeng sur Netflix raconte la vie dans une entreprise coréenne et la pression sur 5 jeunes recrues, elle est vraiment excellente si le sujet t’intéresse
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Je suis très tentée mais il y a 6 tomes et ma bibli de quartier ne les a pas
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Dommage en effet…
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Repéré chez Kathel aussi et terriblement tentée, mais hélas, pas dans ma bibli.:( Bon, c’est le genre de livres pour lesquels je pourrais craquer en librairie tout de même.:)
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Je commence vraiment à prendre goût aux romans graphiques mais je vais (pour l’instant du moins) me contenter des emprunts à la BM…
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Décidément, il faudra que je me procure cette série. En bibliothèque, c’est compliqué chez moi aussi.
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Les 7 bibliothèques et le bibliobus qui composent le réseau des BM de la ville de Genève est très, très bien fourni et je suis consciente de la chance que nous avons. J’espère que tu auras l’occasion de le lire, peut-être plus tard.
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