Le secret des Deverill · Santa Montefiore

Sans la proposition de lecture de Babelio, je ne me serais très probablement pas arrêtée sur ce roman. Malgré un bandeau à faire fuir (notez l’emploi du féminin dans « L’autrice qui a conquis 6 millions de lectrices »), le résumé me paraissait suffisamment intéressant pour que je me laisse tenter. Et j’ai bien fait.

Avec Le secret des Deverill (2024), le premier tome d’une trilogie intitulée Filles d’Irlande, la romancière britannique Santa Montefiore (1970) nous plonge dans l’Irlande du début du XXème siècle. Avec en toile de fond la Première Guerre mondiale et la lutte pour l’indépendance de l’Irlande, nous suivons, sur une quinzaine d’années, le cheminement de trois fillettes que tout oppose.

De 1909 à 1925, du comté de Cork en Irlande à Londres en passant par New York, Santa Montefiore nous entraîne à la suite de Kitty Deverill, la cadette d’une famille d’aristocrates anglo-irlandais et de sa meilleure amie Bridie Doyle, la fille de la cuisinière. A ce duo contre toute attente fusionnel s’ajoute l’exubérante cousine anglaise de Kitty, Celia Deverill, qui les rejoint chaque année au château des Deverill pour les vacances d’été.

Cadette mal-aimée d’une fratrie de quatre enfants, Kitty grandit isolée par une mère qui au mieux l’ignore royalement et au pire lui témoigne une aversion qu’elle ne prend même pas la peine de dissimuler. Reléguée dans un ancien pavillon de chasse avec pour seule compagnie une gouvernante aussi acariâtre que sa mère, elle grandit toutefois portée par l’amour incommensurable de sa grand-mère paternelle. Grâce à un précepteur austère fasciné par les capacités intellectuelles de sa jeune élève, Kitty développe son intelligence au point de susciter la jalousie de sa propre mère.

Les années passent, les fillettes grandissent et le contexte politique devient de plus en plus difficile. Alors qu’une grande partie de l’Irlande sombre dans un puissant sentiment anti-Anglais, les Deverill refusent de regarder la réalité en face malgré le fait que leur château représente le bastion de l’impérialisme et de la suprématie britannique. Depuis toujours bien plus profondément attachée à son Irlande natale qu’à l’Angleterre, Kitty en revanche vibre avec les indépendantistes et rejoint sans hésiter la lutte devant mettre fin à la pauvreté et à l’exploitation du peuple irlandais par les Anglais.

Santa Montefiore signe une saga très romanesque comportant son lot de secrets, de trahisons, de romance et même quelques fantômes autour de deux fillettes inséparables devenues des jeunes femmes que la vie a éloignées tout en évoquant en toile de fond le contexte politique irlandais ayant mené à l’indépendance et à la partition de l’Irlande. S’il n’est pas dénué de quelques petites longueurs, est certes un peu convenu et caricatural, Le secret des Deverill reste un roman suffisamment plaisant et distrayant pour en faire une agréable lecture estivale.

Note : 3 sur 5.
Verso, juillet 2024
516 pages.

Songs of Love and War (2014)

Traduit de l’anglais (UK)
par D. Haas et S. Leigniel



© Photo Pixabay

« Les Pavés de l’été » : 2ème lecture

9 commentaires sur “Le secret des Deverill · Santa Montefiore”

  1. Ahaha le genre de bandeau bien agaçant qui m’aurait fait fuir aussi. Tu as bien fait de tenter tout de même puisque tu y as trouvé ton compte. Côté lectures estivales, ma valise est prête (bon, c’est ma liseuse en réalité^^).

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  2. Apriori, je ne me serais pas arrêtée non plus sur la couverture et, dans le cas contraire, le bandeau aurait achevé de me dissuader… mais ton billet est assez convaincant. Je retiens donc que c’est une lecture moins superficielle qui n’y paraît et idéale pour la période estivale.

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  3. Bonsoir, 🙂 Le livre a bien rejoint les pavés de l’été. Si tu veux, tu peux me les envoyer en me le notant comme commentaire sur la page des pavés. C’est comme ça que font les autres, mais c’est comme tu préfères. Il arrive aussi à bon port comme tu as fait.

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