La seconde moitié de mon coeur · Bertrand Jullien-Nogarède

Je ne lis que rarement de la littérature jeunesse mais lorsque je le fais, je passe généralement un bon moment de lecture. La seconde moitié de mon coeur étant la suite de La première fois que j’ai été deux, je reprends ici le petit billet que j’avais publié sur Instagram suite à la parution du premier roman de Bertrand Jullien-Nogarède en 2018. Je vous parlerai ensuite brièvement du deuxième tome.

La première fois que j’ai été deux (2018)

« Je ne suis pas une grande adepte des romances mais j’ai été intriguée par La première fois que j’ai été deux de Bertrand Jullien-Nogarède. S’il y a bien quelques petits passages qui m’ont fait lever les yeux au ciel, j’ai passé avec ce roman un très agréable moment de lecture.

Elle, c’est Karen. Elle vit dans une maison-bibliothèque avec sa mère dépressive et occupe son temps entre les cours, ses deux meilleurs amis et ses séances chez le psy. Lui, c’est Tom. Franco-anglais, il a grandi à Londres dans un milieu très aisé. Suite au décès de son père, il devient l’enjeu d’une lutte acharnée entre ses grands-parents paternels qu’il adore et sa mère qui décide de l’emmener contre son gré en France. Karen ne s’intéresse pas aux garçons, Tom ne pense qu’à retourner à Londres. Puis ils vont se rencontrer. Et plus rien ne sera jamais pareil.

Davantage qu’une simple romance entre deux ados de 17 ans, La première fois que j’ai été deux soulève des questions pertinentes et intéressantes sur les relations familiales conflictuelles, la maladie et le deuil. L’auteur nous propose par ailleurs un voyage passionnant sur fond de rock dans les rues de Londres.

Une jolie histoire à cheval entre Paris et Londres, deux ados attachants et réfléchis, une fin aussi inattendue qu’émouvante. C’est frais et c’est bien écrit. Une jolie découverte! »

Flammarion, 392 pages, juin 2018

La seconde moitié de mon coeur (2020)

Deux ans se sont écoulés depuis que nous avons quitté Karen, Tom, Jonathan et Mélanie à la fin du premier tome. Après une année de cours en prépa littéraire, Karen s’envole pour le Tchad avec son amie Julia afin de travailler quelques semaines dans un camp de réfugiés. Malheureusement le séjour tourne court et Karen se voit contrainte de rentrer d’urgence en France. Ce retour prématuré et cette expérience avortée représentent paradoxalement pour elle une chance de se repositionner par rapport à certains de ses projets de vie.

Comme dans le premier tome, Bertrand Jullien-Nogarède dépasse la simple romance pour évoquer, plus ou moins brièvement, d’importantes questions de société telles que les déplacements forcés de populations et la vie dans les camps de réfugiés, le viol comme arme de guerre ou encore l’homosexualité. Parallèlement, nous assistons à une certaine prise de conscience de la part de Karen qui remet en cause ses choix précédents et donne ainsi une nouvelle direction à sa vie. Enfin, le roman ne serait pas ce qu’il est sans le rock et les allers-retours entre Paris et Londres qui rythment toujours aussi agréablement le récit.

Certains enchainements sont certes parfois un peu faciles et les dernières pages dignes d’Hollywood mais peu importe au final car il s’agit d’une bien jolie histoire, empreinte de tendresse et de bienveillance.

Flammarion, 320 pages, janvier 2020.



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