Trois heures du matin · Gianrico Carofiglio

Un procureur, sénateur et conseiller du Comité anti-mafia au Parlement italien qui écrit de la fiction? Avouez qu’il y a de quoi être intrigué.e!

Gianrico Carofiglio s’est fait connaître en Italie en 2002 grâce au premier volet d’une série de thrillers juridiques en cinq tomes (parus en français chez Rivages et Seuil). Sa bibliographie s’est par la suite enrichie et diversifiée avec la publication d’essais, de romans policiers, d’un roman graphique ou encore de romans divers. Trois heures du matin (2020) appartient à cette dernière catégorie.

Antonio a cinquante et un ans -l’âge qu’avait son père à l’époque- lorsqu’il décide de s’exprimer sur les deux jours et les deux nuits qu’il a passés à Marseille avec son père quelques semaines avant son dix-huitième anniversaire en juin 1983.

Afin de finaliser un traitement médical entamé trois ans plus tôt visant à guérir définitivement Antonio de son épilepsie, le professeur émérite qu’ils sont allés consulter à Marseille préconise un ultime traitement basé sur la privation totale de sommeil pendant quarante-huit heures. C’est ainsi que père et fils, munis d’amphétamines devant permettre à Antonio de rester éveillé, partent à la découverte de Marseille. Et d’eux-mêmes.

Si l’historique de la maladie d’Antonio et son traitement médical ne m’ont pas réellement intéressée car abordés de façon bien trop superficielle (je n’y ai vu qu’un prétexte servant à introduire l’histoire principale), les retrouvailles entre un père et un fils que la vie a séparés ainsi que leur périple à travers Marseille m’ont en revanche beaucoup plu.

Quarante-huit heures. C’est ce dont Antonio et son père disposent pour renouer, se retrouver et poser les bases d’une nouvelle histoire familiale qui a été mise à mal par l’éloignement du père suite au divorce prononcé neuf ans plus tôt. Au gré de leurs pérégrinations diurnes et nocturnes notamment sur la Canebière, au Panier ou encore dans la calanque de Morgiou, père et fils apprennent à se découvrir et à s’apprécier. Le temps passé ensemble et leurs diverses rencontres sont propices aux confidences; la tendresse et la complicité s’installent.

D’une plume simple mais juste et sensible, Gianrico Carofiglio signe avec Trois heures du matin un roman d’apprentissage touchant et un voyage empreint de nostalgie dans les rues de Marseille.

Slatkine & Cie, 223 pages, mars 2020.

Le tre del mattino (2017)
Trad. Elsa Damien




© Olivier Bru / Pixabay

2 réflexions au sujet de “Trois heures du matin · Gianrico Carofiglio”

    1. C’est l’une des dernières parutions de Slatkine & Cie, une ME qui me tient à coeur. Ce roman est très bien tombé car j’aimerais lire davantage d’auteurs italiens. Et avec ce procureur, j’ai largement de quoi faire 😉 Je vais essayer de me procurer ses polars en italien à l’occasion.
      J’ai travaillé ce matin (pas férié ici) mais maintenant je suis en week-end et vu le temps, ce sera lecture, lecture et encore lecture 🙂 Très bonnes vacances à toi!

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