J’ai un faible pour le journalisme d’investigation et les romans publiés par des journalistes et je m’intéresse depuis très longtemps à la question migratoire. Alors quand l’ancien journaliste allemand Max Annas écrit un roman dans lequel il se penche sur l’immigration clandestine en Allemagne, je ne peux qu’être intriguée!
Max Annas (1963) a débuté sa carrière d’auteur de romans policiers/romans noirs en 2014 et a à ce jour publié six titres. Kodjo (2020) est le deuxième roman traduit en français après Enfer blanc (2019).
Kodjo raconte les déboires d’un jeune trentenaire ghanéen retombé dans la clandestinité après son licenciement et son divorce avec une jeune Allemande.
Issu d’une famille aisée possédant plusieurs entreprises au Ghana, Kodjo Awusi a contre l’avis de son paternel entrepris des études d’histoire avant de prendre le chemin de l’Europe. C’est à Berlin qu’il vit, survit, depuis près de dix ans lorsque débute le roman. Depuis son divorce, Kodjo travaille au noir à « L’Hibiscus », un café-restaurant tenu par une propriétaire bienveillante, et vit seul dans un petit appartement loué à bas prix par Jeannette, une quinqua allemande avec laquelle il entretient une liaison. Lorsqu’il n’est pas au travail ou avec ses amis, Kodjo se rend à la salle de fitness où il s’épuise sur un tapis de course à défaut de courir à l’air libre car « pour la police un Noir qui court est toujours un Noir qui fuit ».
Toujours à l’affût de l’inspection du travail ou de la police, il n’a d’autre choix que de se faire discret pour ne pas éveiller les soupçons. Un jour pourtant, sa vie prend une tournure très inattendue et fort dangereuse. Après que Jeannette lui a demandé une fois de plus de quitter pour quelques jours son appartement afin qu’elle puisse y loger des amis de passage, Kodjo se réfugie dans un immeuble à l’abandon où il devient malgré lui le témoin du meurtre d’une prostituée. Acculé depuis qu’il est devenu le principal suspect, il décide de se lancer sur les traces du meurtrier.
Kodjo est à la fois un polar haletant et un roman noir engagé et poignant dans lequel Max Annas livre une analyse fine et terriblement réaliste de la vie d’un immigré africain à Berlin. Tour à tour portrait de l’injustice sociale et du racisme, roman policier et chasse à l’homme effrénée, Kodjo se lit avec la boule au ventre et le souffle court. Les phrases et les chapitres courts, l’écriture factuelle et visuelle confèrent au roman un rythme très dynamique, presque cinématographique. A l’image de Kodjo qui court pour sa vie, j’ai fini ma lecture épuisée et le coeur en miettes.
Un roman fort lu d’une traite.
Roman lu dans le cadre des feuilles allemandes.

Très intéressant ! J’aime beaucoup les romans policiers qui apportent quelque chose de plus que l’enquête seule. Tu as vu ses livres de la RDA avec Otto Castorp ? Peut-être pas traduits encore …
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Oui, moi aussi. Ici, il s’agit en réalité d’un polar très atypique mais je ne peux en dire plus au risque de trop en dévoiler.
Seuls deux de ses romans ont été traduits en français pour l’instant mais je pense en lire certains en allemand effectivement.
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Tout à fait d’accord avec Eva. Découverte totale pour moi, très bonne idée de livre !
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Oui, j’ai eu envie de varier les genres et là on est sur un polar atypique, social et engagé. Une très bonne découverte !
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je ne connais pas du tout mais c’est tentant 🙂
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Je recommande 😉
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