Au nom du bien · Jake Hinkson

J’étais très curieuse de découvrir l’auteur américain Jake Hinkson. C’est maintenant chose faite et je me réjouis déjà de lire ses précédents romans!

Au nom du bien (2019) est le quatrième roman de Jake Hinkson (1975) après L’enfer de Church Street (2015), L’homme posthume (2016) et Sans lendemain (2018). Fils d’un diacre dans une église évangélique, le romancier a longtemps baigné dans la religion avant de quitter définitivement l’Eglise et son Arkansas natal.

Au nom du bien est une plongée de vingt-quatre heures dans la vie de Richard Weatherford, le très respecté mais pas si respectable pasteur baptiste d’une petite bourgade du comté de Van Buren dans l’Arkansas. A Stock, la vie communautaire s’organise autour de l’Eglise et de son charismatique pasteur, un mari et un père modèle pour ses cinq enfants mais aussi et surtout un homme très influent ainsi qu’un ardent pourfendeur de l’homosexualité et un fervent défenseur de la prohibition de l’alcool dans le comté.

Lorsqu’en cette veille de Pâques, Frère Weatherford est réveillé à l’aube par Gary Doane qui a décidé de le faire chanter, il prend conscience avec effroi que toute sa vie est sur le point de s’effondrer. S’il ne veut pas que ses péchés soient exposés sur la place publique et anéantissent en un claquement de doigts tout ce qu’il a si patiemment construit, il va devoir réunir au plus vite la somme colossale exigée par Gary pour son silence. Mais comment? Et surtout à quel prix?

« Je ne suis qu’un être humain et les êtres humains sont prêts à tout. »

Prêt à tout pour préserver sa réputation, son statut social et sa famille, il s’engage alors dans la pire des voies. Ignorant toute frontière entre le bien et le mal, piétinant sans états d’âme le peu de principes qui lui restent, il déclenche une spirale infernale dont il ne sera pas prêt à assumer les conséquences dramatiques.

En situant son intrigue quelques mois avant les élections présidentielles de 2016 dans une petite ville pro Trump de la Bible Belt et en alternant les points de vue de plusieurs protagonistes gravitant autour de Frère Weatherford, Jake Hinkson dénonce avec vigueur mais non sans humour les faux-semblants, les secrets, la violence et les crimes d’une petite communauté engluée dans son conservatisme et son puritanisme hypocrite.

Un roman féroce et jubilatoire!

Note : 4 sur 5.
Gallmeister (Totem 169), 336 pages, septembre 2020.

Dry County (2019)
Trad. Sophie Aslanides


© stempow / Pixabay

8 réflexions au sujet de “Au nom du bien · Jake Hinkson”

  1. Je vais le dénicher à la BM sinon, pour de vrai, le nombre de scandales liées à des pasteurs qui se révèlent homosexuels et parfois terrible, pédophiles en puissance sont tellement nombreux aux USA et pourtant, ils font toujours recette à la télévision et encaissent des millions de dollars de dons…

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    1. C’est terrible.
      Dans ce roman, il n’est pas question de prêtres pédophiles mais le secret que ce cher Frère veut à tout prix préserver est suffisamment « grave » (car d’une hypocrisie crasse) pour le discréditer à jamais. On suit son parcours avec incrédulité. Et puis cette fin! Glaçante.
      J’espère que tu le trouveras à la BM, il est vraiment bien!

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