La pierre du remords · Arnaldur Indriðason

Comme chaque année, je retrouve avec grand plaisir Arnaldur Indriðason! La pierre du remords (2021) est le troisième volet de la nouvelle série consacrée à Konrad, policier veuf à la retraite et fils de truand notoire.

Comme ce fut déjà le cas dans Les fantômes de Reykjavík (2020), Arnaldur Indriðason nous propose une nouvelle fois trois enquêtes parallèles en alternance entre passé et présent qui lui permettent d’aborder diverses thématiques sociétales.

Valborg, une jeune retraitée sans histoires, est retrouvée morte -assassinée- chez elle. Lorsqu’il apprend qu’il s’agit de la femme qui l’avait contacté quelques semaines plus tôt afin qu’il retrouve l’enfant qu’elle avait abandonné à la naissance il y a de cela quarante-sept ans, Konrad, rongé par le remords d’avoir refusé sa demande, met un point d’honneur à découvrir ce qu’il est advenu de l’enfant. Pour ce faire, il n’hésite pas à interférer en douce dans l’enquête de Marta qui a été chargée d’élucider le meurtre de Valborg. Enfin, il continue encore et toujours à patiemment récolter le moindre indice concernant une enquête vieille de plusieurs décennies: celle du meurtre de son père devant les abattoirs de Sudurland en 1963.

Arnaldur Indriðason nous montre une nouvelle fois l’Islande dans ce qu’elle a de plus sombre. Il est en effet question ici des nombreuses violences faites aux femmes, qu’elles soient matérielles, physiques ou psychologiques.

Nous apprenons ainsi comment le père de Konrad et son complice Engilbert, le père d’Eyglo, s’y sont pris pour organiser des arnaques à grande échelle en profitant de la vulnérabilité de femmes endeuillées et les escroquer sans scrupules. L’auteur évoque également, toujours avec pudeur et retenue, les traumatismes liés aux viols et aux violences conjugales, l’influence néfaste de certains mouvements religieux et des militants anti-avortement, la maltraitance et négligence infantiles ainsi que les ravages de la drogue.

Enfin, après avoir longtemps vertement fustigé la présence américaine en Islande, il semblerait que le développement immobilier et le tourisme de masse dont souffre l’Islande depuis une dizaine d’années deviennent son nouveau cheval de bataille…

La pierre du remords est un opus sombre, particulièrement mélancolique, teinté de regrets, de culpabilité et de remords dont l’issue tragique ne peut que bouleverser.

Une très bonne lecture encore une fois.

Note : 4.5 sur 5.

Mon avis sur Ce que savait la nuit (T1) est à retrouver ici et celui sur Les fantômes de Reykjavík (T2) .

Métaililé, 320 pages, février 2021.

Tregasteinn (2019)
Trad. Eric Boury


© Nicolas J Leclercq / Unsplash


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