Small World · Martin Suter

Ma première rencontre avec mon compatriote suisse allemand à travers Le temps, le temps (2013) avait été quelque peu mitigée il y a un an. Ne voulant pas rester sur une impression mi-figue mi-raisin, j’ai choisi cette année de lire son premier roman, celui qui lui a apporté une notoriété immédiate non seulement en Suisse mais également à l’étranger.

L’ancien publicitaire et scénariste zurichois Martin Suter (1948) a écrit à ce jour une quinzaine de romans qui ont tous été traduits en français. Small World (1998) est le premier volet d’une « trilogie neurologique » composée de La face cachée de la lune (2000) et Un ami parfait (2002). Les trois romans peuvent toutefois se lire de façon indépendante et dans le désordre puisqu’ils ne sont pas construits autour des mêmes personnages.

Dans Small World, Martin Suter se penche sur la maladie d’Alzheimer à travers le parcours d’un homme de soixante-cinq ans issu d’un milieu social modeste dont le destin est lié de façon étrange à une puissante et richissime famille d’industriels zurichois.

Lorsqu’il met accidentellement le feu à la villa de vacances de la multimillionnaire Elvira Senn à Corfou, Konrad Lang ne se doute pas encore que ses ennuis ne font que commencer. Au lieu de porter plainte et de licencier l’homme à tout faire qu’elle emploie depuis des décennies, la redoutable femme d’affaires à la tête de l’empire Koch décide de le rapatrier en Suisse où elle lui fournit un appartement meublé, l’accès gratuit matin, midi et soir à divers cafés et restaurants ainsi qu’une somme conséquente d’argent de poche. Il s’avère rapidement qu’il ne s’agit pas là d’un acte de bonté désintéressé mais bel et bien d’une façon de garder le sexagénaire sous contrôle, un contrôle qui s’intensifie lorsque se manifestent chez lui les premiers symptômes de la maladie d’Alzheimer. Au fur et à mesure que sa mémoire immédiate s’estompe, les souvenirs d’un passé très ancien ressurgissent, souvenirs qui semblent terroriser la matriarche du clan Koch.

Small World est à la fois un portrait au vitriol de la haute bourgeoisie suisse, une présentation sur une maladie neuro-dégénérative, une chronique familiale et un roman à suspense. Bien que Martin Suter ait très bien décrit l’évolution de la maladie d’Alzheimer ainsi que ses conséquences sur le malade et son entourage, créé un personnage principal plutôt attachant et instauré un certain suspense en relation avec une sombre machination familiale, certains raccourcis narratifs m’ont paru peu crédibles. Certains aspects de la révélation finale m’ont par ailleurs laissée perplexe.

Malgré ces bémols, Small World reste un roman agréable à lire et Martin Suter un auteur que je relirai.

Note : 3 sur 5.
Diogenes, 1997, 324 pages.
Troisième lecture dans le cadre des « Feuilles allemandes »

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