Personne ne meurt à Longyearbyen · Morgan Audic 

Quatre ans après De bonnes raisons de mourir (2019) que j’avais beaucoup apprécié, Morgan Audic revient avec Personne ne meurt à Longyearbyen (2023), un polar nordique se déroulant en partie aux Iles Lofoten que j’ai eu la grande joie de visiter en août 2018. Autant vous dire que j’étais très impatiente de lire ce nouveau titre!

Après l’Ukraine et la zone d’exclusion de Tchernobyl, le romancier et enseignant d’histoire-géographie français Morgan Audic (1980) met le cap sur le Grand Nord. De Longyearbyen, la dernière ville avant le Pôle Nord (2400 habitants et 50 nationalités) située sur l’archipel du Svalbard, aux îles Lofoten dans le Grand nord norvégien en passant par Tromsø, il nous sert deux intrigues policières parallèles qui, on s’en doute, finiront par se croiser et se rejoindre.

Personne ne meurt à Longyearbyen. Vraiment? Une jeune étudiante en biologie marine arctique de l’université du Svalbard est pourtant retrouvée morte non loin de la ville, vraisemblablement déchiquetée par un ours. Mais quelque chose sur la scène de ce qui s’apparente a priori à un tragique accident ne convainc pas Lottie Sandvik, enquêtrice des services de police du gouverneur du Svalbard en pleine crise personnelle et familiale. La scène semble d’autant plus étrange que le fusil que tout habitant du Svalbard doit obligatoirement emporter lorsqu’il s’aventure hors de la ville a disparu.

Parallèlement, aux îles Lofoten, véritable joyaux naturel au nord du cercle polaire arctique, une ancienne reporter de guerre reconvertie dans le safari arctique s’est suicidée sur une plage isolée. Nils Madsen, son ancien compagnon, reporter de guerre lui aussi, décide alors de se rendre aux Lofoten pour faire toute la lumière sur cette tragique affaire car il ne croit pas une seconde à la thèse du suicide.

A priori rien ne lie les deux victimes si ce n’est leur passion commune pour la faune marine et leur intérêt croissant pour les mammifères marins en danger. A partir de là, l’auteur évoque d’intéressantes thématiques environnementales -réchauffement climatique, chasse à la baleine et aux cétacés- et géopolitiques -industrie minière, présence russe dans le Svalbard-, tout en restituant de façon immersive le quotidien dans les vastes contrées glacées et désolées de l’extrême nord norvégien.

Si le dosage et l’alternance entre les enquêtes criminelles, la vie privée des enquêteurs et les considérations d’ordre environnemental et géopolitique sont intéressants et réussis, Personne ne meurt à Longyearbyen reste un polar de facture classique au petit goût de déjà-lu. Un polar agréable à lire mais qui ne me laissera pas un souvenir impérissable.

Note : 3 sur 5.
Albin Michel, septembre 2023, 374 pages.



Image by Kiril Dobrev, Pixabay

8 commentaires sur “Personne ne meurt à Longyearbyen · Morgan Audic ”

  1. C’est bien ce que je craignais avec ce roman. Déjà son premier ne m’avais pas énormément intéressée, on a écrit tellement mieux sur Tchernobyl, alors avec ce second polar je calais des 4 pattes.

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      1. Le meilleur, le plus beau et le plus terrible qui parle de Tchernobyl mais aussi de prostitution est « L’envers de l’espoir » de Mechtild Borrmann. J’ai bien aimé aussi « Tout ce qui est solide se dissout dans l’air » de Darragh McKeon, il y en a certainement d’autres mais je n’ai pas tout lu, loin de là !

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