Un silence brutal · Ron Rash

Ron Rash figurait sur ma liste d’auteurs à lire depuis plusieurs années mais pour une raison que je ne m’explique pas, j’en ai toujours repoussé la lecture. Grâce à une lecture commune, c’est maintenant chose faite. Si elle ne fut de loin pas mauvaise, ma première rencontre avec cet auteur porté aux nues me laisse un tantinet perplexe…

Dans les Blue Ridge Mountains, en Caroline du Nord, le shérif Les se prépare à prendre une retraite bien méritée. S’il doit encore régler quelques affaires courantes, mener une opération anti-meth et préparer son dossier de retraite, les journées de travail raccourcissent et se déroulent paisiblement et sans accroc. Cette relative tranquillité est brisée nette le jour où Gerald, un vieux marginal irascible vivant en parfaite harmonie avec la nature, est accusé par le propriétaire d’un luxueux lodge accueillant de riches citadins en mal de nature et de pêche, d’avoir tué les truites en déversant volontairement dans la rivière des produits toxiques. Cette dernière affaire se révèle délicate pour Les puisque Becky, une garde forestière à laquelle il est très attaché, s’avère être une amie de Gerald. Une amie intimement convaincue de son innocence et déterminée à tout mettre en oeuvre pour que le véritable coupable soit arrêté.

En cinq parties alternant les voix de Les et Becky, Ron Rash (1953) évoque le temps qui passe et la confrontation parfois brutale entre un mode vie simple au plus près de la nature et un mode de vie basé sur le profit à tout prix souvent adopté au mépris de l’être humain et de l’environnement. A travers le vécu de Becky, traumatisée par une fusillade survenue dans son école alors qu’elle n’était encore qu’une enfant, Ron Rash évoque par ailleurs la violence liée aux armes et la nécessité pour Becky de se reconstruire au coeur de la nature. Si les envolées contemplatives et poétiques de cette dernière m’ont la plupart du temps malheureusement laissée sur le carreau, les descriptions plus terre à terre de la nature sont belles et immersives. Enfin, Ron Rash évoque les problèmes sociaux et économiques liés notamment à la pauvreté et à la consommation de meth ravageant certaines communautés des Appalaches.

Bien que les thèmes abordés dans Un silence brutal (2019) soient intéressants, ils m’ont semblé insuffisamment creusés. Une lecture agréable mais pour moi un peu trop légère.

Note : 3 sur 5.

Lecture commune avec Alexandra du blog Je lis, je blogue dont l’avis est à lire ici.

Gallimard, février 2019, 257 pages.

Above the Waterfall (2015)

Traduit de l’anglais
par Isabelle Reinharez



Photo © Pixabay

15 commentaires sur “Un silence brutal · Ron Rash”

    1. J’ai vraiment été surprise, je m’attendais à quelque chose de plus profond, de plus dense… J’ai parcouru un peu les avis sur Babelio et il semblerait que « Un silence brutal » ne soit pas l’un de ses meilleurs romans. Les premiers titres, dont « Un pied au paradis » notamment, semblent nettement moins diviser. Et tant mieux car il est justement sur mes étagères.

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    1. J’aime beaucoup le « nature writing » pour ma part et si la nature est bien décrite, il m’a vraiment manqué quelque chose dans ce roman. J’ai trouvé le tout vraiment trop léger et m’attendais à un roman avec davantage de profondeur. Le personnage de Becky est intéressant en effet mais elle m’a perdue avec ses poèmes et tous les noms scientifiques des plantes et compagnie…

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  1. Il semblerait que j’ai davantage apprécié cette lecture que toi. Je ne peux pas comparer avec d’autres romans du même auteur puisque c’est le premier que je lis de Ron Rash. Sans doute pas le dernier car j’ai aimé son style un peu rugueux (comme dis Sandrine).

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    1. Je ne peux pas non plus comparer mais il semblerait qu’il ne s’agisse pas là de son meilleur titre. J’ai encore « Un pied au paradis » sur mes étagères, je continuerai donc moi aussi ma découverte de l’auteur. Merci pour la LC 🙂

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  2. J’ai déjà beaucoup lu Ron Rash – j’ai même décidé de lire toute sa production par ordre chronologique et j’en suis aux deux tiers – et c’est sans doute un des romans qui m’a laissé le moins de souvenirs.

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  3. Comme Sunalee, c’est sans doute le titre dont j’ai le moins de souvenirs, d’ailleurs, même en lisant ta note, l’histoire reste floue, mais tu as raison de persévérer avec un autre titre dans la découverte de cet auteur, Un pied au paradis est excellent !

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