Holly · Stephen King

Mr Mercedes ayant été un redoutable page-turner et un très grand plaisir de lecture en décembre dernier, j’étais impatiente de retrouver Holly, un personnage secondaire très attachant devenu un personnage principal à part entière dans le dernier roman de Stephen King.

Si Holly Gibney apparaît pour la première fois dans Mr Mercedes (2015), le première tome de la « Trilogie Bill Hodges » composée également de Carnets noirs (2016) et Fin de ronde (2017), puis dans L’Outsider (2019) et enfin dans la nouvelle Si ça saigne (2021), Holly (2024) peut tout à fait se lire de façon indépendante.

Lorsque Penny Dahl sollicite Holly, dorénavant à la tête de l’agence de détectives Finders Keepers fondée quelques années plus tôt par le policier à la retraite Bill Hodges, pour retrouver sa fille de vingt-quatre ans qui a mystérieusement disparu, Holly hésite tout d’abord à accepter l’affaire avant de changer d’avis devant l’insistance de la mère désespérée. S’investir dans une nouvelle affaire lui permettra par ailleurs de ne pas trop se focaliser sur le fait que sa mère vient de décéder des suites du Covid et que son équipier, atteint du virus, est placé en isolement et vraiment très mal en point.

Stephen King alterne entre d’une part le présent et le passé et d’autre part le quotidien de Holly et celui d’un couple de psychopathes octogénaires responsables de plusieurs meurtres abominables pour dérouler une intrigue tout au long de laquelle la cruauté et la folie humaines les plus abjectes côtoient toute la beauté et la force de la littérature et de la poésie.

Malgré le fait que j’ai englouti les plus de cinq cents pages en seulement deux jours, Holly est à ce jour le roman qui m’a le moins enthousiasmée parmi les rares titres que j’ai pu lire de Stephen King. Les raisons? Une intrigue très (trop) classique sentant très fort le déjà vu/lu amenée de façon un peu grossière et répétitive, un personnage principal que j’avais hâte de retrouver mais qui ne m’a ici pas entièrement convaincue et enfin une thématique sociétale en lien notamment avec la gestion de la pandémie aux Etats-Unis en 2021 pas toujours traitée de façon très subtile. S’il est également question de Trump et de sa politique que King exècre, du racisme et de très graves abus policiers, les fréquentes références aux masques, gels hydro alcooliques et autres pro et antivax étaient en revanche un peu too much.

Ceci étant dit, je n’en ai pas fini avec Holly et ses acolytes et remonterai donc avec plaisir un peu le temps pour me plonger dans la suite de la trilogie Bill Hodges.

Note : 3 sur 5.

Stephen King sur le blog : Billy Summers (2022), Joyland (2014), Mr Mercedes (2015).

Albin Michel, mars 2024, 520 pages.

Holly (2023)

Traduit de l’anglais (USA)
par Jean Esch



© Peter H, Pixabay

9 commentaires sur “Holly · Stephen King”

  1. Je note plutôt M. Mercedes alors (ta chronique à son sujet avait bizarrement échappé à mon attention). J’espère que ta prochaine lecture de cette « série » de Stephen King sera moins mitigée que celle-ci.

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  2. j’ai aperçu Mr Mercedes lors de ma virée en librairie la semaine dernière et j’ai pensé à toi. Je le lirai j’espère cet été

    en espérant que le tome suivant soit meilleur que celui-ci vu tes bémols

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