· Salvage the Bones · Jesmyn Ward

Traduction française aux Editions 10/18 : Bois sauvage.

Salvage the bones de Jesmyn Ward raconte le quotidien d’une famille noire, pauvre et monoparentale dans le Sud des États-Unis quelques jours avant que l’ouragan Katrina ne frappe en 2005.

12 jours, 12 chapitres. 12 jours pendant lesquels Esch, une ado de 14 ans, nous raconte sa famille et son quotidien difficile à Bois sauvage, Mississipi. Depuis que sa mère est morte en accouchant de Junior, son 4ème enfant, Esch vit avec son père et ses trois frères. Les difficultés étant nombreuses dans cette famille bancale et pauvre, chacun s’est trouvé un refuge: l’alcool pour le père, le basket pour Randall, China la pitbull pour Skeetah, la mythologie grecque pour Esch. Quant à Junior, le petit dernier, il est toujours un peu de trop.

Bien que la famille évolue avec la perspective de l’approche imminente d’un ouragan de catégorie 5 et que la tension narrative va crescendo jusqu’à son passage le 11ème jour, Salvage the Bones est davantage qu’un roman sur Katrina et ses conséquences dramatiques pour les populations pauvres des régions dévastées. Jesmyn Ward dresse en effet un portrait intense et magnifique d’une famille fragilisée et en souffrance que rien n’épargne mais qui se montre forte malgré tout et surtout unie et solidaire, toujours.

Violent et tendre à la fois, cru et sensible, terriblement et tristement réaliste, Salvage the bones est un roman impitoyable dont on ne ressort pas indemne. C’est un livre marquant et très fort dans lequel la vie et la mort se cotoient au quotidien, un livre dans lequel les rêves et l’espoir d’une vie meilleure alternent avec les désillusions et le découragement. Mais malgré l’absence, la perte et la destruction, une note d’espoir subsiste. C’est enfin un livre fort sur la maternité, passée, présente et future: celle d’une mère partie bien trop tôt mais dont la  présence perdure et encourage, celle d’une pitbull mère et chienne de combat, enfin celle de Esch, jeune mère en devenir. 

C’est avec un pincement au coeur et la gorge nouée que j’ai refermé ce livre et quitté cette famille tellement attachante.

Jesmyn Ward est une auteure que je vais suivre de près et que je compte d’ailleurs retrouver assez vite à travers son essai Men we reaped (Les moissons funèbres en français) qui attend déjà sagement dans ma pal.

Salvage the Bones, Jesmyn Ward, Bloomsbury, 288 pages, avril 2012.

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