· La rue · Ann Petry

Premier roman de Ann Petry, La rue s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires à sa parution en 1947, propulsant son auteure à la place de 1ère écrivaine afro-américaine à atteindre de tels chiffres de ventes.

Véritable critique sociétale, La rue met en exergue toute la misère prévalant dans le Harlem des années 1940 en brossant les portraits terriblement et tristement réalistes de plusieurs habitants de la 116ème rue, l’une de ces rues comme il y en a tant où prédominent la saleté, la pauvreté, la violence et la laideur et où les Noirs « sont parqués dans la plus petite surface possible, privés d’air et de lumière ».

S’il alterne différents points de vue, le roman puise sa force et sa lumière dans le sublime et très poignant portrait de Lutie Johnson, une belle jeune femme noire élevant seule son fils de 8 ans après que son travail de bonne à tout faire chez une famille blanche lui a coûté son mariage.

Lutie. Jeune femme travailleuse, ambitieuse, furieusement déterminée à échapper à sa misérable condition de femme, de Noire et de pauvre et à réussir dans « le pays le plus riche du monde ». Lutie. Jeune mère qui lutte avec acharnement pour protéger son fils, lui offrir un avenir meilleur et l’aider à devenir beau et fort, loin de la rue. Parce qu’il est hors de question qu’il devienne un cireur de chaussures!

Lutie, qui pour éviter le piège de la pauvreté qui avilit et emprisonne travaille le jour et suit des cours le soir et qui, comme tant d’autres femmes qui triment, n’a pourtant pas d’autre choix que de laisser la rue faire l’éducation de son fils. Lutie, qui s’abandonne dans la musique et rêve de s’échapper à tout jamais du spectre d’un avenir fait de pauvreté et de violence.

Lutie. Femme admirable dont la dignité et le respect de ses valeurs forcent le plus grand respect. Lutie. Femme forte. Femme inoubliable. Lutie. Qui finit pourtant par sombrer.

Un roman puissant. Révoltant. Bouleversant et tristement humain. À lire. Absolument.

La rue, Ann Petry, 10/18, 381 pages,
sept. 2018.

Crédit photo: Three young boys hold hands, Harlem, 1938.
Hansel Mieth—The LIFE Picture Collection/Getty Images

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