Chant des âmes sans repos · Tove Alsterdal

Chant des âmes sans repos est le 4ème roman de la journaliste, dramaturge et scénariste suédoise Tove Alsterdal et le premier que je lis de l’auteure.

Une femme se trouvant au mauvais endroit au mauvais moment se voit accusée à tort du meurtre de son ex-mari. Une fois en liberté conditionnelle, elle décide d’entreprendre un road-trip à travers l’Europe à la recherche d’une mendiante Rom pouvant la disculper. Parallèlement, les habitants paniqués d’un quartier huppé de Stokholm construit sur les fondations de ce qui était à l’époque un très important hôpital psychiatrique s’organisent pour effectuer des rondes dans le quartier après qu’une série de corps a été exhumée dans la forêt avoisinante.

Avec Chant des âmes sans repos, Tove Alsterdal signe un roman policier atypique mais intéressant de par la multitude de questionnements soulevés. L’enquête policière est ainsi reléguée au second plan au profit notamment d’un road-trip mère-fils et d’une immersion très réaliste dans la vie des Roms à Stockholm, Berlin, Budapest ou encore dans les environs de Bucarest.

En intégrant à son intrigue policière des considérations historiques, sociales et politiques, l’auteure évoque la politique migratoire, l’exclusion et la discrimination dont sont victimes les migrants. Parallèlement, elle pointe du doigt certaines pratiques glaçantes ayant eu cours dans les institutions psychiatriques à une époque pas si lointaine.

Une fois passé mon étonnement quant à la tournure prise par le roman, j’ai passé un bon moment de lecture. Toujours friande de polars comportant une dimension sociétale, je me laisserai volontiers tenter par les titres précédents de l’auteure.

Le Rouergue, 426 pages, avril 2019.