Des humains sur fond blanc · Jean-Baptiste Maudet

Il y a quelques semaines, Les hommes incertains de Olivier Rogez (lire ici) m’avait donné très envie de lire d’autres romans se déroulant en Russie. Par ailleurs, depuis que mes escapades estivales m’ont emmenée successivement dans le Nord de la Scandinavie et sur les Iles Féroé, je suis quelque peu obnubilée par le Grand Nord, quel qu’il soit. Alors quand un auteur (géographe de surcroît) parle Sibérie, toundra et rennes, je ne peux décemment pas passer à côté! C’est donc avec plaisir que je me suis plongée dans Des humains sur fond blanc, un roman d’aventure qui nous transporte au coeur des immensités sauvages et glaciales du Grand Nord sibérien.

Des humains sur fond blanc (2020) est le deuxième roman de Jean-Baptiste Maudet après Matador Yankee (2019) qui a remporté l’année dernière le Prix Orange du livre.

À Nerkhoïansk, une petite cité minière fictive dans la taïga sibérienne où « la neige n’est jamais blanche », vit une adolescente et championne de patinage de la minorité ethnique fictive des Younets. Pour s’affranchir de ses parents, elle travaille dans un supermarché et accessoirement entretient une liaison avec son patron. A plusieurs milliers de kilomètres de là, une scientifique moscovite spécialisée dans la radioactivité se voit contrainte, sur ordre express et non discutable de son patron, un « phallocrate incontinent », d’abréger ses vacances bien méritées au bord de la mer Noire pour rentrer à Moscou et repartir aussi sec pour une mission prioritaire dans le fin fond de la Sibérie. Dans la ville sibérienne de Yakoutsk enfin, un pilote retraité de l’armée de l’air, à moitié sourd et aveugle et très porté sur la bouteille, sort de l’hôpital fin prêt à reprendre du service.

Par un étrange concours de circonstances, Neva, Tatiana et Hannibal vont se retrouver à bord d’un antique Antonov pour aller traquer un troupeau de rennes radioactifs errant dans l’immensité blanche de la toundra. On s’en doute: rien ne se déroulera comme prévu.

Grâce à des personnages truculents, un ton humoristique et une plume très visuelle, Jean-Baptiste Maudet nous emmène dans un voyage dépaysant et rocambolesque à souhait tout en évoquant des problématiques plus sérieuses et bien réelles: corruption, minorités ethniques, russification, nomadisme et transhumance, braconnage, crises sanitaires ou encore réchauffement et dérèglement climatiques.

Vous l’avez compris: Des humains sur fond blanc est un roman d’aventure qui se lit avec beaucoup de plaisir. Et d’une traite, c’est encore mieux.

Le Passage, 160 pages, janvier 2020.

10 réflexions au sujet de “Des humains sur fond blanc · Jean-Baptiste Maudet”

  1. Je ne connais pas cet auteur mais tu me donnes envie ! Russie + aventures truculentes, il n’en fallait pas plus pour attiser ma curiosité 😉
    Si tu es toujours attirée par les romans qui se passent dans ce grand pays, je te conseille Oublier Klara, d’Isabelle Autissier, il est marquant.

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