Écorces · Hajar Bali

Amatrice de sagas familiales sur fond historique, je ne pouvais qu’être intriguée par Écorces (2020) de la mathématicienne et dramaturge algérienne Hajar Bali. Dans ce premier roman, l’auteure entrecroise les destins de trois générations de femmes et l’Histoire de l’Algérie du XXème siècle.

Nour, un étudiant en mathématiques de vingt-trois ans, vit avec son arrière-grand-mère Baya, sa grand-mère Fatima et sa mère Meriem dans un minuscule appartement à Alger. Enfermées dans une vie qu’elles n’ont pas choisie et marquées par diverses blessures, elles vivent en retrait de la société et veulent à tout prix en protéger Nour. Malgré le respect qu’il leur témoigne et la tendresse dont il fait preuve à leur égard, Nour étouffe sous l’amour de ses trois mères qui le couvent à l’extrême et ne rêve que d’une chose: s’émanciper. Une échappatoire se présente bientôt à lui en la personne de Mouna, une mystérieuse jeune femme dont il tombe amoureux et qui va irrémédiablement bouleverser l’équilibre familial en réveillant des secrets enfouis depuis bien trop longtemps.

En alternant passé et présent, Hajar Bali revient de façon non chronologique sur les événements ayant façonné la vie de Baya, Fatima et Meriem tout en les liant à des pans de l’histoire algérienne entre 1935 et 2016. Elle aborde ainsi la colonisation, l’indépendance, le terrorisme et évoque le poids des traditions, les pressions sociales et familiales et l’éternel conformisme au détriment de l’émancipation. Ecorces est également un roman sur la transmission, les non-dits, le poids des secrets et le désir de vengeance.

Une bien jolie découverte que ce premier roman.

Belfond, 304 pages, janvier 2020.



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