Chaleur · Joseph Incardona

Chaleur (2017) est le troisième roman que je lis de Joseph Incardona après Permis C (2016) et La soustraction des possibles (2020) et ce ne sera pas encore le dernier!

A Heinola, une petite ville de la Finlande rurale, on s’ennuie ferme depuis la crise économique de 2008. Et comme « les Finlandais aiment faire la fête en groupe pour oublier l’isolement de l’hiver et fêter l’arrivée des beaux jours », la ville a mis sur pied toute une série de très étranges Championnats du Monde, dont notamment celui de… sauna.

Ce championnat absurde mais fort apprécié attire ainsi chaque année une centaine de concurrents provenant d’une dizaine de pays ainsi que des milliers de visiteurs en mal de sensations fortes. Le but de cette compétition de quatre jours? Tenir le plus longtemps possible assis à l’intérieur d’une cabine de sauna chauffée à 110 degrés!

« Sortir en demi-finale, c’est pire que de crever. »

Igor Azarov, un ancien militaire russe décoré de la médaille du courage et éternel second, est plus que jamais incapable de se satisfaire de son triple titre de vice-champion du monde de sauna et est prêt à tout pour détrôner Niko Tanner, la star du porno finlandais et le triple champion du monde en titre. Le duel entre ces deux hommes que tout oppose s’annonce féroce tant ils sont animés d’une même rage de vaincre, du même « ambitieux et ridicule secret de se dépasser soi-même ».

« Tout est à venir: la vieillesse, la déchéance, la chute. »

A travers ces deux personnages sur le déclin pour lesquels ce championnat insensé représente une dernière chance de se démarquer, Joseph Incardona analyse la peur de l’échec et le besoin impérieux de « savoir durer dans un monde où tout pousse vers l’éphémère ». En ce qui concerne le style, Chaleur se caractérise par des phrases courtes, hachées et un langage souvent cru.

Pour terminer, sachez que ce Championnat du monde, dont le règlement officiel figure à la fin du livre, a réellement existé! Joseph Incardona s’est librement inspiré du fait divers qui, en 2010, a mis un terme définitif à cette compétition qui avait été créée à Heinola à la fin des années 1990.

Un petit roman décalé à lire en une seule fois!

Finitude, 160 pages, janvier 2017



© Sirpa Nypelö / Pixabay

7 réflexions au sujet de “Chaleur · Joseph Incardona”

  1. C’était le premier livre que je lisais de Joseph Incardona et, pour être tout à fait honnête, ce sera le dernier. Je m’étais ennuyé à lire ce livre, et le style ne m’avait pas du tout conquis. Heureux de lire que ce n’est pas le cas pour toi 🙂

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    1. Je reconnais que le style est spécial et je comprends parfaitement qu’il puisse ne pas plaire. J’ai lu récemment, dans le cadre du cercle de lecture dont je fais partie, « La soustraction des possibles » et je t’avoue que je l’avais entamé à reculons. Le sujet ne me tentait pas et après quelques chapitres, les personnages antipathiques m’ont fait craindre un abandon. Et puis, soudain, la magie a opéré! Incardona est un auteur inclassable et décalé mais que j’apprécie vraiment beaucoup.

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  2. J’ai beaucoup aimé La soustraction des possibles et ce côté décalé inimitable, cette manière de parler de ses personnages comme un père qui a baissé les bras (ou Dieu allons y carrément) alors why not Chaleur ! 🙂

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  3. Haha oui c’est une image qui lui correspond bien 😄Laisse-toi tenter par « Chaleur », il est très court, se lit vite et bien. Pour ma part, je pense lire ensuite « 220 volts ».

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  4. Je ne sais pas si je lirai ce titre, qui a suscité pas mal d’avis mitigés, mais j’avais beaucoup aimé Derrière les panneaux, il y a des hommes, que je te recommande, et j’ai bine l’intention de lire La soustraction des possibles.
    Ingannmic

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