L’ange déchu · Chris Brookmyre

Après Les ombres de la toile (2020) que j’ai dévoré l’année dernière, j’ai retrouvé avec plaisir Chris Brookmyre qui, après nous avoir plongé dans l’univers de la cybercriminalité et de l’espionnage industriel, nous propose ici un huis-clos familial quelque peu toxique.

Dans L’ange déchu (2021), l’auteur écossais s’intéresse à l’emprise et à la manipulation psychologique et nous immerge de façon très réaliste et prenante dans l’intimité d’une famille dysfonctionnelle.

« Toute fin est un commencement. »

Deux semaines après la mort subite et totalement inattendue du patriarche du clan Temple et à la demande de son épouse Célia, la famille au grand complet se retrouve réunie pour la première fois depuis très longtemps dans la villa familiale de l’Algarve. Cette réunion vise, selon Célia, à rendre un dernier hommage à la mémoire du défunt mais également et surtout à poser les fondations pour un nouveau départ, la famille ayant été trop longtemps désunie suite à un drame survenu dans cette même maison seize ans plus tôt.

Quelle cruelle ironie. Si ces retrouvailles sont censées aider la famille à affronter et à surmonter le passé, la principale instigatrice évolue dans un monde parallèle, bercée par ses illusions de mère parfaite au sein d’une famille parfaite. Son entourage au grand complet est ainsi tenu de se soumettre à son bon vouloir afin d’entretenir le mythe de la perfection alors que ces retrouvailles ne sont rien d’autre qu’une immense mascarade d’une hypocrisie affligeante.

« Personne ne parle. C’est une grande tradition dans la famille Temple. »

Les vacances au Portugal virent au cauchemar après l’assassinat du propriétaire de la villa voisine que les Temple connaissaient depuis de nombreuses années. Il servira d’élément déclencheur à des révélations fracassantes et à des règlements de compte en bonne et due forme, révélant à quel point tous les membres de la famille sont accablés par un lourd fardeau, prisonniers de secrets, de non-dits et du silence.

A travers la mort du patriarche, un éminent professeur en psychologie et une véritable légende dans certains milieux scientifiques, Chris Brookmyre aborde la thématique de la manipulation psychologique: à grande échelle lorsqu’il évoque les mécanismes à l’oeuvre dans la création de théories conspirationnistes et dans un cadre beaucoup plus restreint lorsqu’il soulève la question des relations familiales toxiques.

Si le rythme est relativement lent, L’ange déchu reste une lecture efficace et addictive grâce aux allers-retours temporels et à l’alternance des nombreux points de vue, à la finesse psychologique des personnages et à un certain nombre de rebondissements très réussis.

A lire si vous aimez les huis-clos, les familles louches et les histoires de manipulation!

Note : 4 sur 5.

Mon avis sur Les ombres de la toile est à lire ici.

Métailié, 384 pages, mars 2021.

Fallen Angel (2019)
Trad. Céline Schwaller



© Richard Eisenmenger Pixabay

2 réflexions au sujet de “L’ange déchu · Chris Brookmyre”

  1. ah drôle, je viens de lire les ombres de la toile, j’ignorais tout de celui-ci et j’avoue que je reste toujours un peu dans le flou.. à voir !

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