Les origines de l’amour · Kishwar Desai

Il y a quelques mois je découvrais Témoin de la nuit (2013), le premier volet d’une série de romans engagés dans lequel l’autrice indienne Kishwar Desai dénonçait les nombreuses violences faites aux femmes en Inde.

Les origines de l’amour (2014) est le deuxième roman consacré à Simran Singh, une travailleuse sociale atypique qui de par son indépendance, son célibat assumé et sa tendance à mettre son grain de sel là où elle ne devrait pas, détonne souvent dans une société indienne encore largement traditionnelle.

Après un séjour de quelques mois à Jullundur, sa ville natale dans le Punjab, Simran est de retour à New Delhi où elle assiste un peu malgré elle sa cousine et son mari, les riches propriétaires d’une clinique spécialisée dans la fécondation in vitro et la gestation pour autrui (GPA). Bien qu’elle désapprouve ouvertement la façon dont la GPA se banalise en Inde, elle a accepté de devenir leur conseillère officieuse et de régler pour eux les questions sociales et légales liées à ce très juteux business, sachant qu’elle pourrait ainsi parallèlement veiller au bien-être des mères porteuses.

Lorsque la petite Amelia est diagnostiquée séropositive quelques jours après sa naissance et que le couple anglais qui devait la recueillir meurt mystérieusement dans un accident de voiture, les choses se corsent. En apprenant que la mère porteuse a également disparu, Simran décide d’enquêter et de chercher un tuteur pour le nourrisson. Sa quête l’emmènera jusqu’à Londres.

Après avoir vigoureusement dénoncé des traditions archaïques dont sont, aujourd’hui encore, victimes de nombreuses fillettes indiennes, Kishwar Desai se penche dans ce deuxième roman sur les nombreuses violations des droits humains liées à une industrie en plein essor: la gestation pour autrui. Elle analyse les différentes étapes de ce très juteux business depuis la prise de contact des futurs parents -souvent occidentaux- avec la clinique spécialisée de leur choix jusqu’à la rencontre avec le nouveau-né, pointe du doigt les nombreuses zones d’ombre liées à une filière exploitant la misère humaine et dénonce, entre autres, le trafic d’embryons et la corruption qui sévit jusque dans les plus hautes sphères du pouvoir.

Bien que parfois un peu long, Les origines de l’amour est un roman intéressant qui a le très grand mérite de soulever d’importantes questions éthiques.

Note : 3 sur 5.
L’Aube, février 2020, 539 pages.

Origins of Love (2012)
Trad. Benoîte Dauvergne




Photo © Pixabay

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