La fin d’une ère · Elizabeth Jane Howard

La fin d’une ère (2022) marque la fin d’une belle aventure littéraire qui aura duré deux ans et demi. C’est avec un petit pincement au coeur que j’ai tourné il y a quelques jours la dernière page de ce cinquième et dernier volet de la saga des Cazalet.

En cinq tomes couvrant deux décennies entre 1937 et 1958, Elizabeth Jane Howard (1923-2014) retrace la vie de quatre générations d’une famille anglaise aisée avant, pendant et après la Seconde guerre mondiale.

Ecrit dix-huit ans après Nouveau départ alors que l’autrice avait nonante ans (!), La fin d’une ère contraste de façon assez significative avec les quatre premiers tomes. Les chapitres, beaucoup plus courts, sont désormais consacrés à un ensemble de personnages, ce qui résulte inévitablement en un traitement psychologique moins approfondi.

Neuf ans se sont écoulés entre la fin de Nouveau départ et le début de La fin d’une ère, le temps pour une génération de s’éteindre et pour une autre de voir le jour. Certains personnages féminins phares de la saga, devenues mères, ont été reléguées au second plan au profit de leurs enfants, cette quatrième et dernière génération de Cazalet restant toutefois également à la périphérie de l’intrigue. Les traits de caractère de certains personnages ont été modifiés de façon un brin douteuse -Archie, Neville et Edward en tête- alors que le caractère détestable de certains autres a été accentué, la palme revenant à cette peste de Diana. Enfin, et du haut de ses nonante ans, Elizabeth Jane Howard n’a pas hésité dans ce dernier tome à aborder de façon frontale certaines thématiques hautement taboues qu’elle n’avait fait qu’effleurer dans les tomes précédents.

S’il m’a semblé moins abouti que les volets précédents, il n’en reste pas moins que La fin d’une ère clôt de façon pertinente, bien que mélancolique, une saga familiale captivante que j’ai lue avec beaucoup d’intérêt et de plaisir. La grande force de cette série littéraire anglaise réside incontestablement dans la capacité de son autrice à rendre crédible une multitude de personnages très variés et à en brosser avec beaucoup de finesse les portraits psychologiques. Les informations relatives au contexte social, politique et économique avant, pendant et après la Seconde guerre mondiale ont complété de façon très réaliste et intéressante les descriptions de la vie quotidienne à cette époque.

La fin d’une ère et d’une belle aventure littéraire.

La Table ronde, octobre 2022, 552 pages.

All Change (2013)
Trad. Cécile Arnaud

6 réflexions au sujet de “La fin d’une ère · Elizabeth Jane Howard”

  1. jamais lu mais cette saga est célèbre, tu as eu l’air de beaucoup aimer – je me demande si ça pourrait me plaire ? j’aime l’ère mais est-ce que c’est suffisant ?

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    1. Ce dernier volet est moins abouti mais je ne l’ai pas trouvé décevant pour autant. C’était un sacré défi quand-même d’écrire une suite et fin 18 ans après… « La fin d’une ère » porte très bien son nom en tous cas et le dénouement m’a paru bien trouvé, même si ce n’est pas celui que j’aurais souhaité pour les personnages…

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