Quand la lumière décline · Eugen Ruge

Grande amatrice de sagas familiales historiques, il était temps que je découvre enfin Eugen Ruge.

Le mathématicien, dramaturge et traducteur allemand Eugen Ruge (1954) est l’auteur de quatre romans dont trois ont été traduits en français. Son premier roman, In Zeiten des abnehmenden Lichts (2011), auréolé du Prix allemand du livre 2011 et traduit en français sous le titre Quand la lumière décline (2012), a rencontré un vif succès non seulement en Allemagne mais également sur la scène littéraire internationale.

Eugen Ruge s’est largement inspiré de son histoire familiale pour retracer sur un demi siècle l’histoire mouvementée d’une famille d’intellectuels est-allemands. Né en Union soviétique d’une mère russe et d’un père allemand condamné aux travaux forcés en Sibérie, Eugen Ruge est arrivé avec ses parents à Berlin-Est à l’âge de deux ans. Il y a vécu jusqu’à ce qu’il passe à l’Ouest en 1988.

Roman polyphonique alternant de façon fragmentée et non chronologique les époques et les lieux, Quand la lumière décline revient sur le destin de quatre générations d’une famille est-allemande dont le déclin est en grande partie lié à l’histoire, elle aussi déclinante, de la RDA. De 1952 à 2001, de Mexico à Berlin en passant par Moscou, Eugen Ruge nous plonge dans la vie de sept membres de la famille Umnitzer. Il évoque ainsi l’exil forcé des arrières-grands-parents au Mexique dans les années trente pour échapper aux nazis et leur retour triomphant à Berlin-Est au début des années cinquante pour participer à la construction de la toute jeune RDA, la déportation en Sibérie de leur fils, son retour et sa vie à Berlin-Est avec une épouse russe et la mère de cette dernière, le passage à l’Ouest et la maladie incurable du petit-fils et enfin la toxicomanie de l’arrière-petit-fils dans une Allemagne réunifiée.

S’il avait tout pour me plaire, Quand la lumière décline m’a, à mon très grand regret, laissée au bord de la route. Si je lui reconnais une réelle densité et atmosphère, il m’a souvent paru long, lent et froid. L’alternance des points de vue, des lieux et des époques -procédé narratif que j’apprécie généralement- m’a semblé fastidieux. Les personnages enfin, distants et froids, n’ont suscité chez moi aucun attachement ni empathie.

Mauvais timing? Peut-être. Ou peut-être pas. Il n’en reste pas moins que j’attendais beaucoup de ce roman et que je suis très déçue d’être déçue. J’espère que « Passage à l’Est » qui a également lu ce livre dans le cadre des « Feuilles allemandes » aura davantage apprécié sa lecture que moi. Son avis est à lire ici.

Note : 2 sur 5.
Rowohlt, novembre 2012, 426 pages.

Les feuilles allemandes – 6ème lecture.

5 réflexions au sujet de “Quand la lumière décline · Eugen Ruge”

  1. Je confirme, j’ai davantage apprécié ma lecture que toi! J’ai bien aimé voir apparaitre les différents points de vue sur chacun des personnages, et je pense que le découpage et l’organisation des chapitres rend possible ces éclairages différents mais jamais complets. Merci en tout cas pour cette lecture commune!

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