Sept ans · Peter Stamm

J’ai découvert Peter Stamm tardivement en novembre passé avec L’un l’autre (2017) et ce fut une révélation. C’est donc avec grand plaisir que je me suis replongée dans son univers.

Sieben Jahre (2009), paru en français sous le titre Sept ans (2010), est le quatrième roman (sur sept) du journaliste, dramaturge et romancier suisse allemand Peter Stamm (1963). Il y raconte, entre présent et passé, Munich et Marseille, le déclin amoureux et professionnel d’un couple d’architectes munichois.

Sonja, Alexander et Iwona. Un homme, deux femmes. Un homme coincé entre deux femmes. L’une est riche, belle et passionnée, l’autre est une immigrée clandestine polonaise terne et insipide. L’une est son épouse, architecte comme lui, une femme flamboyante qu’il a connue sur les bancs de l’université et avec laquelle il a fondé une entreprise prospère. L’autre est son amante improbable, une femme silencieuse et soumise qu’il utilise à sa guise, une femme qu’il n’aime et ne respecte pas mais grâce à laquelle il se sent revivre, une femme enfin dont il a beaucoup de mal à se détacher et qui l’obsédera pendant des années.

Peter Stamm utilise la première personne du singulier pour nous plonger dans l’intimité tourmentée d’un homme pris en étau entre deux femmes, dans son obsession et sa dépendance malsaine à une femme qui ne lui correspond pas. Bien qu’Alexander soit méprisable au possible, Sonja et Iwona fuyantes et tout sauf attachantes, il réussit à dresser des portraits très réussis d’un trio de personnages imparfaits dominés par leurs failles et leurs faiblesses.

En alternant passé et présent de façon non linéaire, il dévoile progressivement les secrets et les non-dits du couple Alexander-Sonja, un couple en apparence parfait, heureux en amour comme au travail, mais dont l’harmonie se révèle très bancale. Les années passent, le couple se délite et leur entreprise s’effondre, la chute du Mur, l’introduction de l’euro et la crise économique étant passées par là.

Comme dans L’un l’autre, les personnages de Peter Stamm évoluent dans un environnement parfois flou et font des choix qu’il n’explique et ne justifie jamais. Sept ans est un roman troublant, parfois malaisant, mais étrangement envoûtant qui confirme mon envie de plonger encore et encore dans l’oeuvre de Peter Stamm.

Note : 3.5 sur 5.
Fischer, 2009, 298 pages.

Les Feuilles allemandes – 8ème lecture

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