Après Vingt stations (2021) et Le Français de Roseville (2016), deux romans très différents que j’avais beaucoup appréciés, la lecture de Entendez-vous dans les campagnes (2022) s’était révélée une déception l’année dernière. Quant à Le désert ou la mer (2016), ce fut une très bonne lecture.
S’il est paru quelques mois après Le Français de Roseville (2016), Le désert ou la mer (2016) est en réalité la première enquête d’une série policière sociétale consacrée au commissaire oranais Kémal Fadil. Y sont en effet relatées les circonstances tragiques dans lesquelles il rencontre celle qui deviendra sa femme.
Dans ce roman noir engagé, l’auteur algérien Ahmed Tiab (1965) se penche sur le phénomène de la migration clandestine à travers deux intrigues parallèles qui finiront pas se rejoindre. A Oran, Kémal Fadil est chargé d’enquêter sur un clochard retrouvé mort dans son gourbi où il cohabitait de toute vraisemblance avec des cadavres de migrants qu’il ramenait depuis la plage où ils avaient échoué. A Niamey, au Niger, la jeune Fatou se résout, la mort dans l’âme, à entamer un long et périlleux voyage à travers le Sahara puis sur la Méditerranée afin d’échapper à son bourreau qui n’est autre que son propre oncle.
Ahmed Tiab alterne les chapitres consacrés à l’enquête du commissaire à Oran et ceux dans lesquels il retrace le périple à travers le Sahara de Fatou et de ses camarades d’infortune livrés aux mains de passeurs sans scrupules.
S’il fait preuve d’une certaine retenue dans la narration des horreurs subies par les migrants clandestins et épargne le pire à Fatou, Ahmed Tiab se montre en revanche très critique d’une part envers la traite des êtres humains en Afrique qu’il n’hésite pas à qualifier de « nouvelle traite négrière » et d’autre part envers « le citoyen algérien moyen » qui de façon générale « peine à trouver le chemin vers la solidarité et la bienveillance envers ces gens enlevés à leur pays, à leurs villages et à leurs anciens qui se meurent toujours au Niger ou au Tchad » alors qu’il est toujours prompt « à dénoncer les actes xénophobes subis par ‘la communauté algérienne’ en terre d’exil ».
Le désert ou la mer est un roman noir, social et engagé, comme je les aime et Ahmed Tiab un auteur que je vous invite à découvrir.

Photo © Pixabay
Chère Fabienne,
Si tu passes par ici, sache que je viens de lire ce roman sur tes conseils ;-). Surtout, je te souhaite une année 2026 heureuse et sereine. A bientôt peut-être !
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