Entendez-vous dans les campagnes · Ahmed Tiab

Après Vingt stations (2021) l’année dernière et surtout Le Français de Roseville (2016) que j’ai lu avec grand plaisir il y a un peu plus d’un mois, j’ai voulu retrouver très vite la plume et l’univers d’Ahmed Tiab. A ma grande surprise, ce troisième rendez-vous avec l’auteur ne s’est pas très bien passé…

Entendez-vous dans les campagnes (2022) se construit autour de l’inspecteur Lotfi Benattar de la Direction centrale de la police judiciaire de Marseille qui a fait une brève apparition dans Le Française de Roseville. Il reprend du service après une très longue convalescence.

Dépêché à Verniers-en-Morvan pour prêter main forte à la gendarmerie locale, ce flic atypique, physiquement et psychologiquement brisé après une défenestration du haut d’un immeuble des quartiers Nord de Marseille, est déterminé à élucider la mort d’un adolescent de seize ans dont le corps a été retrouvé près de la forêt du Parc naturel régional du Morvan. Parallèlement, il décide de se pencher sur une autre affaire qui ne semble intéresser personne: la disparition inexpliquée de trois jeunes musulmans d’un centre de déradicalisation.

Si les premiers chapitres étaient prometteurs -ambiance lugubre à souhait au coeur d’une campagne écrasée par le poids de l’humidité et du brouillard, thèmes intéressants, personnage principal atypique et attachant-, mon enthousiasme est retombé au fur et à mesure de l’apparition de nouveaux personnages secondaires peu convaincants -exception faite de la journaliste- et d’une tendance toujours plus marquée à privilégier des dialogues souvent très légers au détriment d’une vision plus sociétale.

Je n’ai pas retrouvé dans ce dernier roman ce que j’aime tant chez Ahmed Tiab, à savoir son regard affuté et son intérêt pour les thématiques historico-sociales. Les thèmes soulevés dans Entendez-vous dans les campagnes -une certaine négligence des pouvoirs publics à l’égard des villages de la France profonde, le trafic de drogue, l’extrémisme de droite ou encore la radicalisation des jeunes-, bien qu’intéressants ne sont abordés que de façon superficielle.

Malgré ce rendez-vous manqué, je n’ai pas encore fini de vous parler d’Ahmed Tiab… Le désert ou la mer, la deuxième enquête du commissaire algérien Kémal Fadil, m’attend déjà. Affaire à suivre.

Note : 2 sur 5.
L’Aube, février 2022, 241 pages.





Photo © Pixabay

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